Débuter la mosaïque ou
comment vaincre ses doutes

par Maryse Saint Jean
Commencer la mosaïque -voyage en australie
Mosaïque art aborigène pointillisme
Mosaïques-pot-en-terre
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Je me suis retrouvée seule et angoissée, il y a quelques années.

Ma fille décide de partir absolument seule en Australie à 21 ans ! Backpaker, camping, sac à dos, petits boulots, les araignées et les serpents les plus dangereux au monde et tout ça à 17 000 kilomètres de la maison. Je ne vous parlerais pas de toutes les peurs que ce départ pouvait générer chez la maman que j’étais. Il me fallait à tout prix trouver un exutoire, une activité qui m’évite de penser pendant mes loisirs.

 

La mosaïque de mon enfance

Le lendemain de son départ, je décidais d’aller me promener dans les allées d’une grande surface dédiée aux loisirs créatifs et j’arrive dans le petit rayon de mosaïque. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les rayons de mosaïque dans n’importe quelle grande surface de loisirs créatifs sont toujours minuscules.

Bref, en voyant ces petits carreaux multicolores, (je ne savais pas encore que ça s’appelait des tesselles) ma mémoire me ramène dans un passé lointain. En un éclair, je suis transportée chez ma grand-mère pendant les vacances. Je la revois avec ses pots, ses cruches, ses vases tous en terre. Je la revois coller plein de petits morceaux de carreaux, de cailloux, de coquillages, du bois, des galets sur ces supports en des motifs improbables. Elle faisait de la mosaïque ! Je me souviens du plaisir que je prenais à la regarder transformer ces malheureux pots en terre fanés par le temps en une multitude de petits éclats scintillants et colorés ou sobres et naturels.

Est-ce que je vais aimer ?

 

Mes débuts timides en mosaïque

Ni une ni deux, je m’offre un petit kit de mosaïque avec modèle et pince. Je ne prends pas trop de risque. Est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que je vais aimer ? Autant de questions qui doivent trouver leurs réponses avant d’aller plus loin. Plutôt satisfaite, j’y arrivais bien et j’aimais, j’étais tout de même frustrée par le côté prêt à l’emploi. Même si cette phase avait été nécessaire pour me rassurer. Je m’attelle donc à un plateau en mosaïque avec du carrelage de récupération. Un peu lourd, c’était des carreaux de marbre récupéré chez un carreleur, mais satisfaisant.

Plateau mosaïque récupération carrelage

Je veux aller plus loin et pour mon deuxième travail, je vise un tableau de belle dimension sur un support bois medium environ 50 sur 60 cm.

Je vais rencontrer trois problèmes.

 

Quel modèle ?

Mon premier problème va être… trouver le bon modèle. Certes, Internet regorge de dessins, de peintures, tous plus beaux les uns que les autres. Mais lequel s’adaptera plus facilement à la mosaïque. Quel modèle me rendra satisfaite par sa difficulté (j’aimerais tout de même un petit challenge) mais ne me démotivera pas par sa complexité ? Débuter la mosaïque en étant immédiatement découragée… non merci ! Après de nombreuses recherches que j’aurais préféré éviter pour pouvoir commencer ma création plus rapidement, je me décide pour un visage issu du Street Art.

 

Quels carreaux ?

Autre problème, quels matériaux ? Des émaux de Briare, de la pâte de verre, du grés cérame ? J’oublie le gré cérame pour cette fois car je souhaite que le visage soit très coloré, avec des couleurs vives. Reste les émaux de Briare et la pâte de verre. J’achète donc un peu des deux et je teste. La pâte de verre est magnifique mais pour ma réalisation qui demande beaucoup de petits morceaux, je gère moins facilement la coupe. Mon choix s’arrête donc aux émaux de Briare Harmonie aux nombreuses couleurs et facile à couper.

 

Quelles pinces ?

Facile à couper ! Oui mais avec quoi coupe-t-on la mosaïque ? Il a donc fallu que je me penche aussi sur la pince. Quelle pince choisir ? La pince fournie dans le kit, une pince japonaise, ne m’a pas emballée du tout. J’ai trouvé qu’elle manquait de précision et en plus, c’était plutôt dur de couper le carreau, quel qu’il soit. Là, vu les prix, je ne pouvais pas acheter toutes les pinces du marché et les essayer. J’ai donc jeté mon dévolu sur la pince Zag zag. Je n’ai pas été déçue. Bien que depuis, j’en ai acheté d’autres, c’est toujours elle qui m’accompagne ! Ça reste ma préférée.

 

Les doutes m'envahissent

Tout était enfin réuni, je pouvais commencer ! J’ai mis du temps, j’ai douté. Mon travail avançait mais au milieu de toutes ces couleurs que je collais avec beaucoup d’attention et de plaisir, je ne discernais pas le visage que je souhaitais au départ. Avais-je été présomptueuse avec mon modèle aux multiples couleurs ? Est-ce que c'était une bonne idée d'avoir commencé par un visage ? Est-ce que j'allais devoir me débarrasser de ce tableau qui m’avait pris beaucoup de temps mais qui ne ressemblerait à rien ? Puis un jour, j’en étais aux trois quarts de mon travail, par un bienheureux hasard, je prends de la hauteur en montant les escaliers pour aller me coucher et je jette un dernier coup d’œil à ma mosaïque. Et là, miracle, ce beau visage apparait flamboyant. Je ne saurais dire la joie, la fierté, l’allégresse qui m’envahissent. Je n’avais pas fini mais je savais que j’allais y arriver, c’était gagné.

  Quand on débute la mosaïque

 

Certes, ma technique est loin d’être parfaite et je n’ai eu aucun conseil (quid des opus, des méthodes directes, indirectes, des couleurs primaires, secondaires…). Je me suis lancée, simplement et malgré ses défauts, je la regarde toujours avec beaucoup d’émotions.

Je dois dire que cette année-là, j’ai été une boulimique de mosaïque. Les recherches, les choix à faire, la concentration nécessaire, l’envie d’aller encore plus loin dans mes réalisations ont occupé mes pensées une grande partie du temps. La mosaïque m’a réellement permis de passer cette période sans angoisse irraisonnée.  

Pensadora Émaux de Briare - débuter la mosaïque

Et voilà, le voyage de ma fille s’est bien passé malgré quelques aléas. Elle a découvert d’autres paysages, une autre culture et moi j’ai re-découvert la Mosaïque et mon voyage se passe toujours fabuleusement bien.

J’imagine que vous n’avez pas tous une fille qui est partie en Australie. 😉 Je serais ravie d’entendre comment vous êtes arrivés à la mosaïque, est-ce que vous vous souvenez de votre première réalisation ?

 

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